Découvrir comment l'autoconsommation directe va devenir prééminante

Découvrez la pyramide alimentaire de l’énergie

Avec la montée en puissance des énergies renouvelables, quelle place dans le futur mix énergétique pour le photovoltaïque et ses modes de stockage ?

 

Le mix électrique français voit la montée en puissance des énergies renouvelables – photovoltaïque et éolien principalement – et du stockage d’énergie associé. Il peut être intéressant d’essayer d’anticiper les positions relatives que vont prendre les différentes formes de production d’électricité non tant en terme de productions respectives qu’en terme de priorisation par l’usager : quelle source d’énergie sera préférée pour l’alimentation de la maison, de l’usine, de l’immeuble tertiaire et selon quels critères ?

Si l’on étudie en priorité le critère financier, on sait que le photovoltaïque est à présent la source d’énergie la moins chère dans de nombreuses parties du monde, y compris en France. Toutefois, il ne s’agit pas de faire une simple comparaison des coûts du kWh selon le mode de production. Les coûts  d’acheminement et les taxes pèsent considérablement sur la facture de l’usager final. Or, en n’étant pas soumise à ces péages et taxes, la production solaire destinée à l’autoconsommation directe accentue encore son avantage en terme de coût final.

Il convient de noter ici qu’on ne peut plus parler d’énergie photovoltaïque sans distinction de son mode de consommation : un parc solaire au sol, en étant par définition loin des lieux de consommation reste dépendant du réseau électrique pour acheminer l’énergie produite et sera donc largement moins compétitif qu’une installation même beaucoup plus petite voire résidentielle en autoconsommation directe.

Ainsi, l’énergie électrique tirée d’un stockage stationnaire (batterie, véhicule électrique), pourvu qu’elle ait été produite via le soleil en autoconsommation directe, avec un LCOE de 8 à 10c€/kWh se révèle elle-même plus compétitive que la plupart des autres modes de production d’énergie.

On aboutit ainsi à une hiérarchie dans les modes d’approvisionnement d’électricité d’un consommateur donné : en priorité l’électricité produite in situ puis celle stockée dans un power pack, ou un véhicule électrique raccordé en V2G puis enfin le kWh soutiré au réseau électrique. Les modes de production conventionnels et globalement tous ceux dépendant du réseau pour acheminer leur électricité deviennent défensifs en n’étant sollicités qu’en appoint.

Classement des modes de production d'électricité

Plusieurs remarques sur ce schéma :

  • Si tout le monde n’a pas accès au niveau 1, le niveau 2 semble presque universel (ex. : recharge en journée sur son lieu de travail de son VE, alimentation du logement le soir en vehicle to grid).
  • Par construction, l’énergie produite par un onduleur photovoltaïque sera toujours prioritaire sur le réseau domestique d’un consommateur, c’est un argument supplémentaire pour placer le photovoltaïque en autoconsommation directe au sommet de la pyramide.
  • Une forte pénétration de l’énergie solaire dans le mix électrique pourrait permettre à certains moments de la journée et de l’année à l’énergie photovoltaïque délivrée via le réseau (centrales au sol, surplus des centrales en autoconsommation) de contester la place de n°2 aux moyens de stockages raccordés directement. Cela est toutefois peu probable pour des raisons de synchronisation et avant au moins 2 décennies, horizon auquel le coût du stockage aura drastiquement baissé.
  • Si l’on retenait non plus le critère financier mais un critère environnemental, le classement serait identique, une discussion pouvant se faire sur les positions respectives des énergies fossiles et nucléaire.

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