Systèmes Solaires a mis en œuvre la première autoconsommation collective en Auvergne avec 2 de ses voisins, Clermont Loisirs et Matériel de Pro. Dans ce projet, Systèmes Solaires produit l’électricité qui est ensuite partagée entre Clermont Loisirs et Matériel de Pro.

L’autoconsommation collective

Qu’est-ce que c’est ?

Une autoconsommation collective (ACC) repose sur le principe d’échange d’électricité à une échelle locale : de l’énergie photovoltaïque produite par un ou plusieurs producteurs est fournie à un ou plusieurs consommateurs.

L’ensemble des intervenants se trouvent rassemblés dans un périmètre restreint.
Une autoconsommation collective doit rassembler au moins 2 acteurs dont l’un au moins est un producteur.

Producteur et auto-consommateur

Quelle est la différence ?

Un producteur peut également être un consommateur s’il ne produit par exemple pas assez pour ses besoins et qu’il doit recourir à l’énergie fournie par un autre producteur appartenant à l’ACC.
Il faut bien comprendre que, dans le cadre d’une autoconsommation collective, un producteur est avant tout un auto-consommateur direct : présenté différemment, cela veut dire que le producteur « se sert » en priorité sur sa propre consommation et met à disposition de ses voisins le surplus, s’il y en a.

Exemple : Systèmes Solaires produit 100kWh, utilise 20 pour les besoins de ses bornes de recharge, il reste donc 80 à partager en Clermont Loisirs et Matériel de Pro.

Comment est réparti le surplus entre les consommateurs ?

ENEDIS laisse le choix entre des coefficients, appelés clés de répartition, fixes ou dynamique. Des clés fixes attribuent de manière systématique un pourcentage fixe du surplus à chacun des consommateurs. Systèmes Solaires a préféré opter pour des clés dynamiques, bien plus efficaces pour optimiser le niveau global d’autoconsommation de l’opération. En effet, en attribuant le surplus de manière proportionnelle à la consommation, on s’assure de minimiser le surplus.

Exemple : suivant le cas précédent, pendant que Systèmes Solaires mettait 80kWh d’énergie à disposition de ses voisins, Clermont-Loisirs consommait 100 et Matériel de Pro 50. Il est donc attribué 2/3 des 80 au premier et 1/3 au second soit 53 et 27kWh respectivement.

Le fournisseur d’électricité habituel de chacun des acteurs intervient pour fournir le complément d’énergie si nécessaire. On doit noter que les consommateurs et producteurs d’une autoconsommation collective peuvent avoir des fournisseurs différents.

Exemple : en continuant notre scenario, Systèmes Solaires a fourni 53kWh à Clermont Loisirs qui a eu besoin de 100 sur la même période ; Clermont-Loisirs devra donc acheter 100 – 53 = 47kWh à son fournisseur pour la période. Matériel de Pro aura lui dû acheter 50 – 27 = 23kWh.

Comment sont comptées consommation & production dans une ACC ?

Dans une autoconsommation collective, le rythme de mesure est de 30 minutes : chaque demi-heure, on comptabilise ce que chacun a consommé ou produit et on effectue les calculs selon les exemples précédents. Comme pour une autoconsommation directe, les besoins de chacun ne sont pas modifiés par une autoconsommation collective, ce sont simplement la manière dont est satisfait ce besoin qui varie en proportion de ce qui est apporté par l’énergie produite localement et ce qui a dû être complété par le fournisseur d’électricité : à chaque intervalle de 30 minutes un auto-consommateur collectif tire entre 0 et 100% de ses besoins de son (ses) voisin(s) producteur(s).

L’auto-consommation collective

et ses avantages

L’avantage de l’autoconsommation collective est qu’elle ne nécessite pas de création d’infrastructure physique : l’électricité est échangée via les câbles en place du réseau public de distribution et comptabilisée par les compteurs communicants en place (Linky pour les abonnements inférieurs à 36kVA et PMI-PME au-delà). Une PMO est créée afin de regrouper les membres de l’autoconsommation collective et faire l’interface avec les services d’ENEDIS.

Qu’est-ce qu’une PMO ?

Le désavantage d’une autoconsommation collective réside dans la lourdeur administrative nécessaire à sa mise en place puisqu’elle requière que consommateurs et producteurs soient regroupés au sein d’une Personne Morale Organisatrice (association, SARL, SAS…) laquelle sera l’interlocuteur unique d’ENEDIS pour l’opération. C’est cette PMO qui a par exemple la charge de calculer les coefficients de répartition et de les transmettre chaque mois à ENEDIS. La Personne Morale Organisatrice peut être vue comme un syndic de l’énergie.

Systèmes Solaires est spécialisée dans la conception, le montage et la gestion de projets d’autoconsommation collective, limitant ainsi les coûts et évitant de créer des PMO de forme inadaptée.

L’auto-consommation collective

sur ma facture

Informé par ENEDIS qu’une certaine quantité d’énergie consommée provenait d’une production dans le cadre d’une autoconsommation collective, le fournisseur d’énergie fait apparaitre une ligne en moins-value dans sa facture. Voir un exemple ici.

L’énergie échangée entre voisins fait l’objet d’une négociation directe entre chacun, la PMO permettant d’établir les sommes dues par les consommateurs aux producteurs.

Existe-t-il des aides pour l’autoconsommation collective ?

Un second inconvénient d’une opération d’autoconsommation collective est qu’elle ne bénéficie d’aucun soutien ni aucun avantage visant à récompenser une démarche associant production et consommation locales d’énergie : l’électricité produite et échangée entre voisins sur de très courtes distances est aussi taxée en traversant la rue que si elle traversait la France.

A cette remarque, ENEDIS avance l’argument de la péréquation tarifaire qui veut que, selon le principe du timbre-poste, le prix payé soit le même quelle que soit la distance parcourue sans préciser dans ces conditions pourquoi le périmètre d’une ACC doit être aussi restreint (maximum 1km) et pourquoi il n’est pas possible d’échanger son électricité à l’échelle de la France entière.

Il n’existe pas de TURPE favorable ou de taxes prenant en compte le caractère local de la production et de la consommation ; la conséquence est que l’électricité consommée qui a été fournie dans le cadre d’une autoconsommation collective ne compense que la part « énergie » de la facture d’électricité : contrairement à une autoconsommation directe qui annule presque toutes les taxes en plus de la part énergie, l’autoconsommation collective ne pourra au mieux diminuer une facture que de 50% environ.

En conclusion

L’ACC est un moyen très efficace d’encourager des initiatives associant production et consommation locales d’énergie.

Une efficacité maximale sera obtenue en « panachant » les besoins, c’est-à-dire en associant des consommateurs aux profils différents : regrouper par exemple des maisons d’habitation avec des locaux professionnels ou des bâtiments administratifs qui n’auront pas les mêmes besoins aux mêmes moments.

L’énergie échangée dans le cadre d’une ACC étant surtaxée par rapport à celle fournie de manière classique, il est préférable de multiplier les sites de production afin de favoriser au maximum l’autoconsommation directe : mieux vaut 10 centrales de 10kWc qu’une seule de 100kWc.

S’il veut favoriser les projets d’autoconsommation collective, le législateur devra agir sur au moins l’un des 3 leviers suivants :
1. Extension du périmètre des projets d’autoconsommation collective à une région entière voire à la France entière
2. Adaptation du TURPE et des taxes en phase avec l’échelle extrêmement locale imposée à l’autoconsommation collective
3. Augmentation du pas demi-horaire à des intervalles de 6 voire 12h minimum afin de limiter le surplus fatal et augmenter le taux d’autoconsommation global de l’opération

Questions / Réponses rapide

Faut-il être équipé du Linky pour participer à une ACC ?

Oui, si vous êtes raccordé en tarif bleu et que vous n’êtes pas déjà équipé, un Linky est nécessaire. Si vous êtes déjà équipé, un technicien ENEDIS procède simplement à un paramétrage pour les producteurs.

Peut-il rester de l’énergie après avoir attribué à chacun de la production ?

Il peut arriver que les consommateurs n’absorbent pas toute l’énergie produite localement. On parle alors de surplus fatal.

Peut-on valoriser le surplus fatal ?

Il est possible de négocier un contrat d’achat avec un opérateur réseau pour le surplus fatal se dégageant d’une autoconsommation collective

Quel est le temps de développement d’un projet d’ACC ?

Il faut compter entre 6 et 12 mois de développement administratif, en fonction de la nécessité de créer ou non une PMO et selon l’expérience des services locaux d’ENEDIS.

Qui peut participer à une ACC ?

Toute personne physique ou morale disposant d’un point de raccordement au réseau électrique à son nom. Pour l’heure, les clients raccordés en HT ne peuvent pas participer.

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